alcoolisme:effets et conséquences
Les effets à court terme.
L’ingestion de l’alcool passe de la bouche à l’estomac et dans l’intestin où se fait l’absorption .Véhiculé par le sang très vite , de 15 à 30 minutes si l’on est à jeun , 30 à 60 minutes si le passage est ralenti par la présence d’aliments, l’alcool atteint le foie , puis va jusqu’au cœur d’où il passe dans la circulation générale. Il diffuse dans tous les organes pendant qu’il est lentement transformé par le foie dans sa presque totalité (90 à 95%). Le reste est éliminé par les poumons(haleine), les reins(urine) et la peau(sueur).
La coordination motrice, la perception , l’équilibre et le jugement vont être altérés. Il existe trois phases:
La première phase est celle de l’excitation : elle se produit avec une ingestion d’alcool inférieure à 0,7g/l . Le sujet devient euphorique, désinhibé, bavard et familier.
L’ivresse constitue l’effet immédiat constaté après une ingestion de boissons alcoolisées . Elle se manifeste par une excitation , des difficultés à coordonner ses mouvements et les fonctions cognitives sont atteintes: vigilance, perception, mémoire, équilibre et jugement.
L’ébriété se produit entre 0,7 à 2g/l .On constate des gros troubles de l’équilibre et des difficultés à parler. C’est la phase d’incoordination avec des troubles de la vigilance allant de la somnolence à la torpeur. On peut constater également des vomissements.
L’endormissement apparaît au-delà des 2g/l . A ce stade , le sujet n’est plus conscient de ses actes.
Au-delà de 3g/l le coma éthylique est un risque qui peut survenir.
L’alcool , une fois absorbé par le tube digestif , se répand dans les tissus de l’organisme et modifie l’activité du cerveau. Les calories apportées par l’alcool sont brillées dans l’organisme ou transformées en graisse. Une petite partie de l’alcool est éliminée par les reins et les poumons.
L’alcoolisme chronique.
La perte de la liberté est là première conséquence de la dépendance alcoolique ; elle entraîne un trouble du comportement et des troubles de la personnalité en découlent comme une perte de la mémoire , un affaiblissement de la volonté , la jalousie, l’irritabilité, dispersion affective, égocentrisme. Les troubles psychologiques et comportementaux conduisent à la toxicomanie avec un désir et un besoin de continuer en augmentant les doses, une dépendance psychique et physique.
A long terme, l’alcool exerce une action toxique sur le foie qui devient fibreux et incapable d’assurer ses fonctions de transformation des substances toxiques ou de fabrication des protéines. La cirrhose est fréquente.
On voit apparaître des tremblements des doigts, de la bouche , de la langue surtout le matin même après avoir consommé de l’alcool depuis plusieurs heures. L’alcool est responsable de la dilatation des vaisseaux capillaires et la couperose s’installe, ainsi qu’une déhydratation de la peau qui favorise l’apparition des rides.
On note un affaiblissement général de l’organisme qui se manifeste par un vieillissement prématuré , une mauvaise résistance aux maladies infectieuses comme la pneumonie et la tuberculose ainsi qu’aux plaies , blessures et traumatismes.
L’alcool est responsable de nombreuses maladies telles que les cancers des voies aérodigestives supérieures :bouche, œsophage, larynx, gorge; telles que celles de la destruction du tissu hépatique dont la cirrhose (ce qui constitue 9000 décès par an )ou le cancer du foie (qui constitue 6000 décès par an )et cela représente 1 décès masculin sur 7 ; le cancer du pancréas et des maladies cardiovasculaires avec hypertension et accidents vasculaires cérébraux.
Il faut associer également toutes les maladies du système nerveux et psychique qui engendrent des troubles de la mémoire , de l’anxiété, des dépressions, insomnie et suicides. Notons que chez la femme enceinte les risques pour le cerveau de l’embryon et du fœtus sont terriblement graves puisque l’alcool peut atteindre le cerveau et dans tous les cas engendrer un retard du développement. Sans parler du delirium tremens , des affections psychiatriques et des polynévrites qui arrivent avec l’atteinte du système nerveux. Des troubles des réflexes, des lésions au niveau des nerfs avec des fourmillements, des crampes et des douleurs allant même jusqu’à la paralysie : la polynévrite.
On voit l’apparition de myocardites, d’ulcères gastriques et des altérations des glandes endocrines car l’alcoolisme attaque sur tous les fronts . Il prédispose à des lésions nerveuses chez les descendants. Il aggrave les maladies associées comme la tuberculose par exemple et favorise certains cancers. La rate devient très grosse.
La cirrhose du foie alcoolique est la principale cause de cirrhose en France. Le risque est surtout important pour une consommation de 2 litres de vin et plus par jour soit 240ml d’alcool.
Elle s’installe après une phase longue de stéatose irréversible. Au début, elle se stabilise si le malade cesse définitivement son intoxication. Elle évolue à vitesse variable allant de quelques mois à quelques années.
C’est une maladie du foie caractérisée par des lésions comprenant une sclérose , des nodules de régénération et une altération des cellules. Elle aboutit à la destruction progressive du foie avec des cicatrices fibreuses et une régénération nodulaire , inefficace et anarchique des cellules hépatiques. Le foie est alors dur et irrégulier , hypertrophique ou atrophique, pâle.
Au début latente, la cirrhose est assez bien tolérée; mais l’examen clinique découvre un foie dur à bord tranchant avec parfois une grosse rate et quelques angiomes stellaires. Des anomalies sont révélées , parfois des varices oesophagiennes existent déjà.
La cirrhose va entraîner des troubles graves comme l ‘insuffisance hépatique , de l’hypertension portale. Apparaissent alors ictère, ascite avec œdème des membres inférieurs dus à une rétention rénale de sodium ,des hémorragies digestives et une cachexie progressive.
L’évolution aboutit à la mort par hémorragie digestive ou coma hépatique ,parfois un cancer de la cirrhose, une tuberculose ou une septicémie à colibacille.
Les complications neurologiques.
L’alcoolisme est la cause de crises d’épilepsie , de l’altération de l’efficience intellectuelle et psychomotrice . La polynévrite sensitivomotrice des membres inférieurs est le type même de la lésion nerveuse alcoolique. Au départ, ce sont des crampes et un manque de réflexes ostéo-tendineux. Mais cela aboutit à une paralysie des muscles des membres inférieurs qui sera associée à des troubles cutanés.
L’alcoolisme peut conduire aussi à une névrite bilatérale du nerf optique qui se traduit par la perte de la vue.
On voit apparaître , associée à la polynévrite, des lésions du système nerveux central .(au niveau du cortex cérébral, du cervelet ,du corps calleux, des tubercules mamillaires et de la protubérance annulaire). Apparaissent des encéphalopathies qui atteignent la matière grise: celle de Gayet-Wernicke , plus connu sous le nom de béribéri cérébral due à une carence en vitamine B. Carence causée par une mauvaise nutrition et des troubles digestifs. Des hémorragies, une dégénérescence des cellules nerveuses du cerveau vont entraîner un état de confusion mentale , d’apathie , de torpeur avec des somnolences pouvant aller jusqu’au coma et à la mort avec des désordres neurologiques associés.
La deuxième encéphalopathie est la psychose de Korsakoff , assez fréquente dont les lésions sont pratiquement les mêmes que pour la précédente mais dont les symptômes sont différents. Car il s’agit plutôt d’une maladie de la mémoire. Le malade ne fixe plus les souvenirs récents , se trouve désorienté dans l’espace et le temps et souvent euphorique , excité et inconscient des troubles dont il souffre. Il fabule, s’invente des souvenirs .Cette maladie , une fois apparue , ne régresse pas.
On connaît d’autres encéphalopathie comme celle de la dégénérescence de la substance blanche du cerveau qui est due à des lésions au niveau du corps calleux. Cette maladie à l’aspect d’une confusion mentale ou d’une démence avec des désordres neurologiques graves comme raideur, crises d’épilepsie, troubles du langage. Il existe aussi l’encéphalopathie dite porto-cave d’origine hépatique qui associe des troubles mentaux avec torpeur ou coma, des tremblements dits en battements d’ailes, des troubles du tonus. Cela est induit par une intoxication cérébrale par l’ammoniac d’origine intestinale que le foie ne peut plus filtrer correctement . L’ammoniac passe directement de la veine porte dans la circulation et atteint le système nerveux pour le désorganiser.
Les troubles mentaux.
Lorsque le psychisme est altéré , des troubles du caractère se présentent comme l’irritabilité, la susceptibilité et une humeur sombre. On remarque un affaiblissement de la volonté ,du contrôle de soi comme l’insouciance , la vantardise, l’affabulation. Les insomnies, l’état dépressif allant au suicide, la baisse des facultés intellectuelles et des capacités d’attention, les délires et les états de démence sont le lot des alcooliques.
Les troubles dépressifs et ceux de la personnalité induisent le déterminisme de certains alcooliques . Certains délires engendrés par l’alcool se confondent avec un délire psychotique et signent l’entrée du sujet dans une franche psychose.
Certains alcooliques agressent ainsi leur corps de façon délibérée , manifestation de carences affectives anciennes , profondes et très ancrées. L’alcoolisme est toujours considéré comme une conduite autodestructrice due à une estime de soi très mauvaise.
Un autre moteur de cette volonté d’autodestruction peut être une conduite ordalique , c’est-à-dire que le toxicomane prend un risque vital et que s’il en réchappe , il a le droit de vivre: on prend le risque de mourir pour se sentir vivre!
Le corps est toujours central pour le toxicomane car le psychisme est aux aguets d’un signe corporel de manque avec anxiété ce qui amène le sujet à consommer de plus en plus. Il passe à l’acte parce qu’il ne sait pas mentaliser.
L’alcoolique a parfois manqué de tout surtout dans le domaine affectif. Le sujet dit n’avoir pas été suffisamment intéressant pour retenir l’attention de ses parents ; il ne se considère donc pas comme étant digne d’intérêt: la demande affective est démesurée.
D’autres sont en manque de manque :une mère trop envahissante , il n’a rien à désirer et cherche dans l’alcool l’accès au manque . Il cherche le manque dans son corps alors que le désir émerge du psychisme.
L’alcool est un leurre pour celui qui ne sait pas traiter les difficultés , les traumatismes psychiques et qui avale quelque chose de matériel à la place de quelque chose d’abstrait afin d’essayer de maîtriser sa vie , son corps.
Le nombre des psychoses alcooliques a quintuplé . Elle sont de deux types:
L’intoxication aiguë qui se caractérise par une ivresse avec des formes délirantes , hallucinatoires et classiques associée à des instincts agressifs. Des violences graves et même des meurtres peuvent être commis.
Les réflexes , les capacités et les réactions sont donc diminués.
Les intoxications chroniques sont marquées par une totale absence du contrôle émotionnel; une irritabilité agressive avec de fréquentes colères. L’instabilité de l’humeur passe sans raison de l’euphorie à la tristesse. La jalousie, une sensiblerie geignarde , l’égoïsme et la perte du sens des responsabilités , l’incapacité à produire un effort continu , l’inconstance et l’impulsivité et le besoin de satisfaction immédiate , une anxiété permanente sont les traits communs à tous les grands buveurs.
2 paroxysmes : le matin au réveil et le soir à la tombée du jour. La nuit , des cauchemars terrifiants et obsédants sur le thème professionnel affectent le sommeil du buveur. L’intelligence se détériore avec une baisse du rendement , un ralentissement de la pensée ainsi que des troubles de la mémoire et de l’attention.
Enfin le jugement s’altère, le buveur perd le sens critique et sombre dans la niaiserie. Des états de confusion mentale apparaissent comme le delirium tremens , mais aussi des états confusionnels avec agitation , tremblements et délires hallucinatoires . Tout cela se passe dans une atmosphère d’angoisse et de cauchemar éveillé .
Sans aller jusqu’à ces troubles et ces paroxysmes , l’isolement et l’enfermement intérieur de la personne en difficulté avec l’alcool marquent le pas sur sa personnalité propre.
L’alcool au volant.
Sur 23000 morts par an dus à l’alcool, 4000 sont liés à des accidents de la route.
Après la vitesse , l’alcool au volant est la 2ème cause d’insécurité routière en France. Près d’un accident mortel sur 3 est lié à l’alcool au volant. 10% des accidents corporels est dû à l’alcool. Outre les conducteurs , les passagers représentent 83% des tués de la route dans les accidents avec alcool.
Les nuits de week-end , on constate que 38,5% des accidents mortels causés par un conducteur âgé entre 18 et 24 ans sont dus à des personnes dont le taux d’alcoolémie était positif. Et cela représente le décès de 348 personnes soit environ 1par jour! La plupart des victimes avait entre 18 et 24 ans et constitue 75% des tués et 72,9% des blessés graves.
Selon le ministère de la justice, l’individu moyen condamné pour conduite en état alcoolique est un homme âgé de 38 ans . Comme vous le constatez , les adultes sont donc également concernés.
En effet ,l’alcool au volant concerne donc tout le monde!
Les effets de l’alcool agissent directement sur le cerveau et par conséquent sur le comportement du conducteur sans qu’il en prenne conscience. Ce sont les effets désinhibant de l’alcool qui provoque une sorte d’impression d’invulnérabilité et qui pousse le conducteur à prendre des risques. L’alcool altère dans le même temps toutes les capacités nécessaires à la conduite : concentration , lucidité, réactions.
Alors qu’un conducteur sobre possède un temps de réaction d’1 seconde , celui qui présente une alcoolémie légèrement positive atteint 1 seconde et demie. Or, dans cette demie seconde , on parcourt 12 mètres à 90km/h !
Les sanctions.
La loi du 12 juin 2003 renforce la lutte contre l’insécurité routière. Le décret du 11 juillet 2003 sanctionne très sévèrement certains délits et infractions.
Le taux maximum d’alcoolémie autorisée est de 0,5g/l de sang soit 0,25mg/l d’air expiré.
S’il y a dépassement , 6 points sont retirés du permis. S’il y a homicide et/ou blessures involontaires , les sanctions sont aggravées
Le permis probatoire fut instauré en mars 2004 avec 6 points de capital. Si l’alcoolémie s’avère positive, le permis est tout simplement supprimé.
Les contraventions.
Pour une conduite avec un taux d’alcoolémie supérieur ou égal à 0,5g/l et inférieur à 0,8g/l dans le sang(supérieur à 0,25mg/l et inférieur à 0,4mg/l d’air expiré) , on retire 6 points et il y a suspension ou annulation durant 3 ans du permis ainsi que 135 euros d’amende.
Les délits.
Au-dessus de ce qui précède , l’infraction devient un délit.
Aussi , pour une conduite avec un taux d’alcoolémie supérieur ou égal à 0,8g/l sang (supérieur à 0,4mg/l d’air expiré), en état d’ivresse ou en refusant de se soumettre à une vérification , on risque 2 ans de prison, le retrait de 6 points du permis, une suspension ou annulation du permis durant 3 ans (sans sursis, ni permis blanc) et 4500 euros d’amende.
En cas de récidive: 4 ans de prison , 6 points de retrait, annulation du permis de plein droit et 9000 euros d’amende.
Conduite avec une alcoolémie^positive associée à la prise de stupéfiants: 3 ans de prison , retrait de 6 points , suspension ou annulation de 3 ans du permis et 9000 euros d’amende.
En cas de blessures involontaires avec incapacité total de travail (ITT) de plus de 3 mois après constations d’une alcoolémie positive : 5 ans de prison , retrait de 6 points ,suspension ou annulation pendant 10 ans du permis et 75000 euros d’amende.
S’il y a homicide involontaire avec constations d’alcoolémie positive : 7 ans de prison , 100000 euros d’amende, retrait de 6 points du permis et jusqu’à 10 ans de suspension.
Ajoutons que le conducteur en état d’alcoolémie positive et responsable d’accident n’est pas indemnisé ni pour ses blessures ni pour les dégâts de sa voiture. Sa prime d’assurance sera fortement majorée , voire son contrat résilié.
Les problèmes sexuels.
L’alcool est physiologiquement un dépresseur sexuel. En faible quantité , il entrave les processus d’érection et d’orgasme . A forte dose , il produit l’impuissance.
Par contre , l’alcool peut contribuer à réduire les inhibitions morales et/ou sociales qui empêchent les pulsions sexuelles à se transformer en actes. Actes qui peuvent se montrer violents sous l’action de l’alcool.

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