alcoolisme:les femmes et les jeunes

La femme et l’alcool.

Plus d’1 million de femmes sont atteintes par l ‘alcoolisme. On remarque que ce chiffre est en augmentation. Quelles sont donc les motivations des femmes?

La femme participe de plus en plus à la vie économique et par conséquent elle s’expose davantage à la fatigue , aux tensions psychologiques et professionnelles. N’oublions pas qu’elle effectue une double journée : au travail et dans son foyer; et cela nécessite parfois un « coup de fouet ».

La restriction en matière d’aliments solides dans la pratique de régimes pour obtenir une esthétique qui se veut longiligne pour correspondre aux mannequins des magazines, sans pour autant diminuer la prise de boissons alcoolisées , crée un déséquilibre qui augmente la toxicité de l’alcool absorbé.

La participation des femmes aux différentes manifestations sur le lieu de travail ou dans les sorties amicales fournit de multiples occasions de s’alcooliser.

Le désoeuvrement, l’oisiveté, le manque de pratique du sport , la solitude sont d’autres facteurs qui pèsent sur certaines femmes de façon considérable au point qu’elles vont trouver dans l’alcool un soutien , un palliatif, un accompagnement.

Une plus grande vulnérabilité.

On comptait une femme alcoolique pour 12 hommes il y a 20 ans . Aujourd’hui, le rapport est passé à 5 femmes pour 12 hommes et aux USA , la proportion est de 50%.

A âge et poids égal pour une même quantité d’alcool ingéré , nous l’avons vu plus haut, l’alcoolémie est plus élevée chez la femme.

On voit d’ailleurs apparaître des cirrhoses chez des femmes ne buvant qu’un demi litre de vin par jour. La femme possédant plus de tissus adipeux et moins de muscle et l’alcool se répandant davantage dans la masse

Musculaire , une forte concentration d’alcool dans le sang , dans le foie et dans le cerveau apparaît. Des facteurs génétiques et hormonaux interviennent dans cette sensibilisation aiguë de la femme à l’alcool. Il faut aussi ajouter une augmentation de sa vulnérabilité dans la période prémenstruelle et au moment de la ménopause. De même pour les contraceptifs oraux et les risques liés à la grossesse.

Particularités.

Autrefois, l’alcool était le fruit d’une alcoolisation réactionnelle: dans les cas de névrose, dépression, constat d’échec , isolement, frustration affective…

Aujourd’hui outre les personnalités psychotiques qui se servent de l’alcool comme d’une drogue, les femmes s’alcoolisent plus par habitude et entraînement social, exactement comme les hommes.

Cependant , il faut noter que la réprobation sociale et la mise à l’écart des femmes alcooliques ont pour conséquence le fait que les femmes boivent clandestinement. En effet , elles boivent souvent chez elles, en cachette ,des alcools souvent forts qui procurent un effet immédiat.

La femme va consulter le médecin assez tardivement et sous d’autres prétextes comme des insomnies ou un état de nervosité… L’alcoolisme féminin est particulièrement difficile à soigner en raison des névroses ou de des situations conflictuelles. On observe d’ailleurs beaucoup de cas de récidives.

 

Les jeunes et l’alcool.

Un grand nombre d’enfants de moins de 11 ans boit régulièrement: bière, cidre, vin coupé. Cette consommation croit par paliers: 13/14 ans, 15/17 ans.

Les premières consommations d’alcool ont lieu en fonction du milieu familial, culturel et souvent au cours d’un acte d’initiation comme un anniversaire, une communion ou un diplôme, ou bien d’un rite de passage.

Les jeunes forment un groupe homogène qu’ils soient scolarisés ou non , insérés familialement ou socio- professionnellement On note cependant une différence selon le milieu rural ou urbain , les filières techniques professionnelles ou classiques ou chez les jeunes dés insérés

L’alcool représente souvent une sorte de « sésame » à ces jeunes qui cherchent à concrétiser une rupture avec l’enfance ou à intégrer un groupe , une bande. L’alcool devient un facteur de communication qui facilite les contacts , sécurisant et valorisant.

L’ivresse devient une source de plaisir , d’évasion ou de fuite du quotidien , un dépassement des limites. L’alcool est associé à la fête et à la convivialité et chez les jeunes se confond avec la sexualité et l’épanouissement.

L’âge de la première gorgée d’alcool a lieu aujourd’hui vers 13 ans chez les garçons et 14 pour les filles . Dans les deux ans qui suivent , ils expérimentent leur première cuite. A 17 ans les 2 tiers des garçons et une fille sur 2 déclarent avoir été saouls au cours de leur jeune vie.

Au cours des soirées arrosées , les langues se délient , le rire est plus facile , les jeunes ont le sentiment d’avoir plus d’aisance et cela conduit certains à finir la soirée avec leur conquête d’un soir. Le réveil est parfois brutal et difficile face à un ou une partenaire dont on a tout oublié. Un vrai trou noir qui empêche de savoir s’il y a eu ou non usage d’un préservatif. Et trois mois seront nécessaires pour faire un test de séropositivité.

Certaines compagnies d’assurance ont dressé une typologie des jeunes selon leurs comportements face aux risques ; parmi 6 catégories on trouve les hédonistes et les déstabilisés qui représentent 17% de l’ensemble . Les « risque-tout se mettent en danger en raison de leur incapacité à se projeter dans l’avenir. Or, 91% des hédonistes et 88% des déstabilisés possèdent une voiture!

80% des personnes sondées qui reconnaissent avoir conduit en état d’ivresse sont des hommes!

La vulnérabilité des jeunes.

Comme chez les adultes , les jeunes sont inégaux devant l’alcool, en raison du sexe et du capital enzymatique. Chez les jeunes , l’alcool est souvent recherché pour son effet psychotrope, ce qu’ils appellent « la défonce ».

La violence est exacerbée sous l’effet de l’alcool , qu’elle soit tournée vers eux-mêmes ou vers les autres. La solitude, la peur de grandir, le besoin d’aimer font que les jeunes agissent pour être reconnus et considérés. Certaines des attitudes constituent des facteurs de risques comme la conduite en état d’ivresse, la violence verbale, physique, incontrôlée, sans parler des prises de risques sexuelles.

Les raisons de la consommation d’alcool chez les jeunes.

Les raisons principales sont en premier lieu la recherche de ses limites puis le souci d’intégration par le groupe qui sera marqué par un acte plutôt festif ou bien dans une fonction sociale. Enfin , le refus de grandir marque les tourments des questions de l’adolescence et comment trouver sa place dans la vie sociale.

Les signes et les attitudes des jeunes.

Des signes et des attitudes doivent éveiller l’attention des parents et des professionnels de la santé:

Une tendance à rechercher des sensations pour lutter contre l’ennui. Des troubles du contrôle des impulsions comme des accès de rage ou des conduites de jeu pathologiques, la kleptomanie…

Un mal être , de mauvaises relations avec les parents , des comportements violents , l’échec scolaire , les fugues ou les tentatives de suicide.

La consommation précoce de l’alcool( avant 20 ans : l’alcoolisme deviendra par la suite plus sévère)dans la famille : antécédents familiaux, troubles du comportement dans l’enfance.

Le résistance à l’alcool : un adolescent qui résiste bien à l’alcool a plus de risques de développer un usage abusif . Il y a là une part génétique.

Un développement pubertaire précoce est un facteur de risques.

 

 



Article ajouté le 2008-10-08 , consulté 20 fois

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