l'alcoolisme: définition
CE QUE L’ON SAIT, CE QUI SE FAIT
On a déjà beaucoup édité de publications sur le sujet . Cet ouvrage ne se veut pas scientifique et ne prétend pas apporter de solutions radicales à ce problème . Mais c’est une approche d’ensemble sur le sujet qui donne quelques pistes pour venir à bout de se fléau et qui peut aider ceux qui sont touchés de près ou de loin par cette dépendance. Mon expérience de psycho sophrologue pourra peut-être éclairer certains car même si une seule personne peut s’en sortir grâce à moi , ce sera une victoire.
L’Alcoolisme, pas facile de dire quelles en sont les causes, de définir une démarche et de donner une méthode pour le combattre car il n’existe pas un alcoolique mais des alcooliques aussi différents les uns des autres que chaque individu est une entité à part entière. Quelle serait la meilleure des solutions? Tout dépend du contexte , du passé et de la personnalité du buveur.
L’alcoolisme devient vite une spirale infernale: perte de son travail, de son logement , de sa famille, de la considération des autres, de ses repères. Sont-ce des conséquences ou des causes? En fait , je vais démontrer que c’est bien plus complexe et plus délicat que cela.
Alors, l’alcoolisme , qu’est-ce que c’est?
Voici quelques définitions officielles: « Toxicomanie à l’alcool » d’après le Larousse.
« Abus des boissons alcooliques , déterminant un ensemble de troubles morbides » dit Le Robert.
« Appétence morbide pour les boissons alcoolisées, qui constitue une véritable toxicomanie » indique le Larousse Médical.
Il s’agit donc d’une véritable dépendance aux boissons alcoolisées qui aliène notre liberté en créant un lien d’attachement avec l’alcool qui contrôle notre vie. On peut constater que l’alcoolisme ne se définit pas par la quantité d’alcool absorbée mais bien par la qualité du lien qui unit le sujet au produit consommé: un lien de dépendance contraignant plus ou moins accepté avec l’alcool.
L ‘alcoolisme est une dépendance , soit ,mais peut-on en parler comme d’une maladie?
C’est en étudiant les conséquences de l’alcoolisme sur le corps et l’esprit que nous obtiendrons une réponse à cette question.
Qu’est-ce qu’un alcoolique?
Beaucoup de gens boivent des boissons alcoolisées , parfois trop, sans pour autant être alcooliques. En fait , comme je le mentionnais précédemment , c’est la dépendance et non la quantité qui unit la personne à l’alcool, cette attache très contraignante qui définit l’alcoolique. Cette relation correspond à la satisfaction d’un besoin impérieux: le désir de boire qui devient rapidement une véritable obsession. Car l’alcool est alors indispensable et le sujet a totalement perdu sa capacité à résister. Il augmente infailliblement les doses afin d’obtenir au fil des jours le même effet.
On peut se poser la question suivante: Comment devient-on alcoolique?
L’alcoolisme est une dépendance dont on ne connaît pas les causes. C’est universel puisqu’il existe dans tous les pays du monde , dans toutes les races, sous tous les climats. Cependant , malgré toutes les recherches présentes ou passées , rien n’explique pourquoi certaines personnes peuvent être victime de l’alcool alors que d’autres ne rencontrent jamais de difficulté.
Les motifs psychologiques , les soucis , la fête, la solitude ,la mésentente, le chômage , le travail ne sont jamais des motifs réels mais la conséquence des abus, « les alibis » comme disent les anciens buveurs. En effet, durant notre vie chacun d’entre nous subit une ou des épreuves mais tout le monde ne se tourne pas vers l’alcool. On ne peut pas expliquer pourquoi la plupart d’entre nous qui apprécient ces boissons n’en deviennent jamais dépendants tandis que pour d’autres la simple régulation de leur consommation est impossible.
Existe-t-il un gêne de l’alcoolisme?
Un gêne de l’alcoolisme , non , mais le cerveau de certains individus présenterait effectivement un fonctionnement déficient…On a bien pensé avoir trouvé un gêne de la violence , pourquoi pas celui de la dépendance? Un tel gêne existe bien : un fonctionnement biochimique du cerveau qui influence le comportement de l‘homme.
Une prédisposition génétique et un équipement enzymatique peuvent expliquer l’adoption d’une conduite toxicomaniaque. La chimie des neuromédiateurs avec la découverte des endorphines (morphines naturelles) joue un rôle dans la toxicomanie. Les troubles dépressifs et l’alcool sont liés dans les relations des syndromes dépressifs et le métabolisme des neuromédiateurs.
Concernant ce fonctionnement biochimique cérébral , il y a une dizaine d’années , des chercheurs anglais ont fait émerger parmi nos nombreux gênes un certain nombre d’entre eux qui concerne l’équilibre des neurotransmetteurs. L’un d’eux, la sérotonine, a pour fonction principale de réduire la tension des pulsions. Le système pulsionnel est tempéré par deux substances , les catécholamines jouant le rôle d’accélérateur et la sérotonine qui joue celui de frein.
Or, cet équilibre est rompu chez certains individus ;cela entraîne des modifications de comportement, des changements de l’humeur ayant pour conséquence l’anxiété et l’agressivité. Ils développent alors des sortes d’automédications comme la consommation de sucre (exemple du boulimique), d’alcool( accélère la sécrétion de sérotonine), de tabac (à la fois sédatif et excitant)…
La répétition d’une consommation ou d’un comportement devient une stratégie pour pouvoir s’adapter à la vie en société et échapper aux pulsions trop pressantes et aux problèmes relationnels.
Les endorphines, ces morphines endogènes , sont des espèces d’hormones dont la sécrétion entraîne un plaisir intense et une diminution de la douleur.¨Plus la sécrétion est répétitive , plus cette sécrétion est rapide et abondante. En conclusion , on peut dire que l’alcool accélère la sécrétion d’hormones qui entraînent le plaisir et diminuent la douleur , et la sécrétion de neurotransmetteurs qui réduit la tension des pulsions. Cela explique la dépendance dans le sens d’une répétition incessante d’une situation plaisante.
Un individu sur quatre posséderait ce type de fonctionnement biochimique cérébral, mais il ne serait pas dépendant pour autant. L’explication biochimique n’est donc pas suffisante car il s’agit également d’une question personnelle, de faculté d’adaptation.
Est-ce héréditaire?
L’alcool ingéré passe dans les glandes reproductrices , les testicules et les ovaires. Il traverse la barrière placentaire et circule de la mère à l’enfant. Les conséquences sont différentes selon le stade d’imprégnation mais elles conduisent inévitablement chez le fœtus au syndrome d’alcoolisme avec son lot de malformations.
Peut-on dire pour autant qu’il y a hérédité , c’est-à-dire que un ou des parents alcooliques transmettront à leurs enfants leur dépendance à l’alcool?
Absolument , lorsqu’une femme enceinte continue à boire de l’alcool durant sa grossesse ,cela peut avoir des conséquences très graves sur la santé du fœtus et de l’enfant. En effet, l’alcoolisation fœtale est la première cause non génétique de handicap mental chez l’enfant. Rappelons que ce sont des handicaps évitables! Et la seule mesure capable d’éviter le syndrome d’alcoolisation fœtale est l’abstention totale de consommation d’alcool durant la grossesse.
Quand l’alcool devient-il un problème?
L’abus d’alcool est le plus souvent associé à l’ivresse mais l ‘alcool devient problématique bien avant.
L’alcoolique est un grand buveur , certes, mais ça ne suffit pas à le définir car certains sujets peuvent boire pendant longtemps sans ressentir de trouble alors que d’autres, plus nombreux, deviennent alcooliques en buvant nettement moins.
Le buveur est asservi toujours par le même toxique, l’alcool éthylique. En France, la boisson qui donne les toxicomanies les plus graves reste le vin car le buveur en absorbe une quantité quotidienne. Pareil pour la bière.
Ce qui compte n’est pas le degré d’alcool mais la quantité en grammes absorbée quotidiennement On est toxicomane avec 2 litres de vin par jour comme avec quelques apéritifs.
On distingue l’impossibilité de s’arrêter de boire avant l’ivresse alors que l’individu peut rester des mois sans consommer ;et l’impossibilité de s’abstenir de boire du vin ou des alcools sans cependant atteindre l’ivresse.
Il existe également deux types de buveurs:
- celui qui boit par entraînement social ,qui prend l’habitude de boire à cause du milieu dans lequel il évolue. Sa personnalité va se fragiliser avec l’usage de boissons alcoolisées . On notera rapidement un déséquilibre profond du caractère qui va engendrer un besoin impérieux et une assuétude au toxique.
- le second type de buveur est un psychopathe car il existe chez lui ,même avant qu’il ne s’intoxique , un trouble du caractère et/ou une fragilité de la personnalité. Il tente de trouver dans l’alcool une solution aux problèmes affectifs qui l’assaillent.
De nombreux tests psychologiques sur les buveurs ont démontré une anxiété anormale , une arriération affective , une intolérance aux frustrations, un besoin de satisfaction immédiate avec agressivité. Leur personnalité est parfois passive , inerte avec un besoin de dépendance exagéré ou une tendance dépressive.
La dépendance de la petite enfance.
Finalement , on peut dire que ce qui est pathologique dans cette dépendance , c’est le fait de retourner malgré soi à ce qui détruit. Autrement dit , c’est l’envahissement du psychisme et de la vie quotidienne par un seul investissement de plaisir au détriment de soi-même et des autres.
Les américains expliquent de plus en plus l’alcoolisme comme étant une maladie des émotions: la dépendance va masquer un trop plein émotionnel.(que les émotions soient disproportionnées ou inexprimées, trop fortes ou non identifiées, même négatives)Cela explique pourquoi on a beaucoup de résultats positifs dans les traitements de l’alcoolisme lorsque le malade parvient à identifier , à accueillir ces émotions et à les exprimer à d’autres. L’éventail émotionnel est large: anxiété, peur, colère refoulée, culpabilité; mais la base de toutes les autres émotions reste la honte: à l’origine d’une dépendance, on retrouve toujours une honte intériorisée et des problèmes d’abandon .
Il faut commencer par s’interroger sur l’estime de soi , sur ses ressources intérieures et son degré d’autonomie.
Or, c’est dans la petite enfance que nous nouons des liens d’aliénation. L’enfant dépendra de ses pulsions, ses émotions, son entourage. Dès sa naissance , l’enfant est dépendant pour assurer sa survie mais il construira au fil des années son autonomie. Cependant , ce processus peut être freiné ou entravé par des facteurs éducatifs ou émotionnels. L’interaction entre la mère et l’enfant est très forte .Cela permet donc à l’enfant d’accéder aux échanges, à la parole et à sortir de sa dépendance. La mère doit respecter les besoins , les émotions de son enfant en le considérant comme un individu à part entière.
C’est lorsque la mère le considère comme un petit animal ou une poupée qu’elle satisfait d’abord ses propres envies et ses besoins, qu’elle va interdire à l’enfant de s’humaniser et qu’elle maintient ainsi un lien d’aliénation. Ainsi quand la tétée ou les premiers pas ne sont plus un moment de rencontre authentique entre humains , l’enfant sera prisonnier d’un univers qui se borne à de simples besoins matériels : boire et manger.
Toutes ces petites choses dépendantes le conduisent à vivre le futur sous le signe de l’asservissement. La mère doit doser sa présence ou son absence: là encore , l’excès induira chez l’enfant la peur du manque ou l’incapacité à construire des désirs personnels.
Les pulsions archaïques , que Freud appelait le ça, produisent des dépendances quand elles ne sont pas contrôlées. On passe alors du principe de plaisir à une jouissance dangereuse. On remarque que la personne dépendante ne peut gérer les exigences de ses pulsions parce que son entourage ne lui permet pas l’apprentissage de cette gestion. Et cet apprentissage est primordial puisqu’il permet de se délivrer de leur emprise , de différer la satisfaction de nos envies , de nos plaisirs sans frustration ni angoisse.
Devenu adolescent ou jeune adulte , la personne dépendante peut adopter des conduites à risques pour se sentir exister. Privé d’émotions, elle n’en éprouvera donc que dans l’abus et le danger. Elle devient alors esclave de son besoin d’excès.
Les parents peuvent également transmettre à leurs enfants leurs propres mécanismes pulsionnels.
Un enfant ne deviendra réellement autonome que s’il est soutenu par l’assurance d’avoir une valeur et si on remarque ses initiatives. Lorsque l’enfant voit qu’il peut agir seul, il va consentir à se détacher de ses parents. Pour s’éloigner sans angoisse, il faudra qu’il se sente encouragé et qu’on ne le culpabilise pas. Pour terminer , il est bon que les parents en prennent acte en faisant des commentaires positifs.
On peut donc dire qu’il existe une arriération affective , une évolution affective incomplète où les instincts ,les émotions , les sentiments sont immatures et proviennent de la petite enfance. Cela induit une mauvaise adaptation à la vie adulte harmonieuse et personnelle tant sur le plan sexuel et conjugal que sur le plan professionnel et social. Ce qui entraînera d’insurmontables difficultés. A partir de là, les sentiments et les conduites sont inadaptés et l’on note un repli sur soi, un complexe d’infériorité , l’égoïsme qui sont autant de compensateurs des frustrations.
Des repères contre l’alcoolisme au quotidien.
Déjeuners de travail, pots entre amis, dîners de famille, un apéritif , quelques verres lors de réception: l’alcoolisation se fait au quotidien et on pense être dans la norme.
Que ce soit une flûte de champagne ,une chope de bière, un verre de vin, on consomme toujours environ 10g d’alcool par verre. Le repère d’unité d’alcool correspond à un verre. Chez l’homme, 3 verres d’alcool par jour maximum(soit 36g d’alcool pur), chez la femme, 2 verres (soit 24g d’alcool pur) sont les seuils d’une consommation modérée. Plus on dépasse ces limites et plus le risque est important. Les différences physiques de poids , de taille, de composition du tissu graisseux nous rendent inégaux devant l’alcool. Ainsi pour une même quantité absorbée , la quantité d’alcool par litre de sang est plus élevée chez la femme que chez l’homme. Par exemple, un verre de vin où l’alcoolémie atteint 0,33g/l chez une femme et 0,20g/l chez l’homme de 70kg.
Le danger ne réside pas seulement dans l’ivresse car tenir l’alcool n’empêche pas les effets sur le long terme chez les buveurs réguliers.
Comment pensent et agissent les dépendants?
L a personnalité des buveurs est habituellement passive , inerte avec un désir de dépendance exagéré et des tendances dépressives.
Les comportements des personnes dépendantes sont de véritables mécanismes défensifs .Cela ne les aide pas à prendre conscience de leur fonctionnement pathologique. Ces comportements sont toujours les mêmes quelque soit la dépendance:
le déni : l’alcoolique commence par nier la conduite pathologique elle-même. Il nie les conséquences de cette conduite, puis sa souffrance et celle qu’il impose à son entourage . Pour lui , la réalité devient trop dérangeante et donc le déni représente une défense qui , d’ailleurs ,va souvent être également pratiqué par l’entourage.
Ce mécanisme peut se manifester sous d’autres formes chez la personne dépendante:
- la rationalisation : « je prends un verre parce que ma femme m’a quitté. »
- la projection: « personne ne s’aperçoit que j’ai bu , j’ai l’air normal. »
- la dispersion : on multiplie les activités pour accroître également les sources d’inconfort.
Le désir est la plupart du temps renforcé par des « cognitions erronées »: les dépendants inversent les causes et les effets . « J’arrêterai de boire quand j’aurai trouvé du travail. »
L’illusion d’avoir le contrôle de la situation est présente chez la plupart des alcooliques.
le désir obsédant: ils ne pensent qu’à ça. L’obsession envahit leur quotidien et masque leur obsession d’eux-mêmes. Car parler de leurs problèmes , de l’alcool, c’est ne parler que d’eux , une sorte d’égocentrisme exacerbé.
Tous ne clament finalement que leur incapacité à concevoir de ne pas être aimé par tous, leur peur du rejet, de l’abandon, du vide, de leur difficulté à communiquer en public. Et pour remplacer le manque de sécurité intérieure , l’alcoolique va demander sans cesse l’approbation des autres.
Les dépendants supportent mal la frustration et érige comme loi leur façon de vivre « toujours plus ». La conduite de l’alcoolique se caractérise par la compulsion (le désir d’agir est impérieux et il ne peut s’en empêcher) et par l’impulsion (il passe à l’acte sans réfléchir). Cette intolérance aux frustrations , ce besoin de satisfaction immédiate se caractérise par une impulsivité et une agressivité que l’on rencontre également chez les individus caractériels.
la substitution: l’alcoolique va remplacer l’alcool par une autre dépendance(cigarette, sucreries, surmenage). Si les moteurs de la conduite compulsive ne sont pas traités, celle-ci va s’exercer autre part.
la procrastination : c’est le fait de remettre au lendemain, une sous-estimation de soi, le perfectionnisme ou la folie des grandeurs.
En fait ,beaucoup de personnes souffrent de ces maux mais toutes ne cachent pas derrière l’alcool leurs problèmes. Ainsi , les alcooliques sont comme les autres, une personnalité entière et unique qui agit et pense avec ses failles mais qui se cache derrière sa dépendance.
Une personne en difficulté avec l’alcool est rarement coopérante et elle cherche à se débarrasser des troubles qu’apporte l’alcool.
Quand on commence, on ne peut plus s’arrêter.
L’alcool ne fait pas partie des produits indispensables, il est superflu. Et pourtant , même s’il n’est pas vital, il est devenu dans les esprits un aliment à part entière.
L’être humain a besoin d’aliments solides comme la viande ,les légumes , les fruits; et d’aliments liquides qui apportent l’eau nécessaire à l’organisme comme le jus des fruits, le lait les eaux minérales mais aussi le cidre, la bière , le vin .Lorsque le corps a besoin d’aliments solides, l’esprit reçoit un message de faim et lorsqu’il a besoin d’aliments liquide , il reçoit un message de soif. Lorsque les signaux de satiété apparaissent ,l’appétit cesse et manger devient moins intéressant et même pénible si on se force . Les arrêts instinctifs ajustent ainsi la prise d’aliments ou de boissons à la quantité voulue par les besoins de l’organisme et évitent une surcharge. Pour l’eau , par exemple, la précision est grande et chaque prise est rigoureusement programmée pour le corps. L’arrêt instinctif évite donc le déplaisir qui ne manque pas de remplacer le besoin de satisfaire sa soif.
Cela se passe de la même manière pour tous les aliments et toutes les boissons sauf pour le chocolat et l’alcool. L’alcool entraîne une envie qui augmente au fur et à mesure que l’on en boit. Cette réaction n’apparaît pas chez tout le monde et elle montre combien l’alcoolisme est dangereux car cela va dans le sens contraire des lois biologiques . L’alcool oblige les personnes dépendantes à ingérer des doses toxiques dont la régulation naturelle ne vient jamais limiter l‘ingestion.
Il s’ensuit une réaction psychologique de recherche de boisson à tout prix.
Les idées reçues.
On entend souvent des gens dire: « l’alcool donne des forces ». C’est faux. L’alcool éthylique ou éthanol apporte 7 calories par gramme d’alcool quand il est métabolisé dans le foie. Sa transformation produit de l’acide lactique et le travail musculaire s’en trouve gêné. Or, les calories en question sont dépourvues de pouvoir énergétique car elles ne produisent aucune protéine, aucune vitamine et pas de sels minéraux. De plus, la consommation d’alcool diminue l’appétit ce qui entraîne chez les grands buveurs des carences vitaminiques graves.
Au début , l’alcool entraîne chez certains une stimulation telle qu’elle leur donne un sentiment euphorique mais lorsqu on augmente la dose, la consommation provoque la somnolence car l’alcool agit sur le système nerveux qui peut induire un coma.
Quant à la sexualité, les performances sont bien entendu diminuées mais il est vrai que l’alcool provoque une désinhibition car il modifie les centres de contrôle cérébraux des émotions.
On entend souvent dire: « je vais prendre un verre d’alcool pour me réchauffer ». Mais l’alcool ne réchauffe pas! La sensation de chaleur éprouvée à l’ingestion d’alcool n’existe que parce qu’il y a une dilatation des vaisseaux sanguins sous la peau. Or, la chaleur s’échappe par les pores de la peau . La température corporelle est en fait diminuée d’un degré pour 50g d’alcool absorbé et lorsque l’on boit beaucoup , on risque plutôt l’hypothermie qui peut être parfois mortelle.
« La consommation d’alcool désaltère »: c’est faux! Elle tend au contraire à la déshydratation car l’alcool a un effet diurétique et cette perte d’eau est sans doute à l’origine de ce que l’on appelle « la gueule de bois ». On combat cette dernière par le repos, la consommation d’eau et éventuellement de l’aspirine!
Le café et la dilution de l’alcool dans l’eau ne modifient pas le taux d’alcool dans le sang. Par contre, un repas influence l’assimilation de l’alcool et module le taux d’alcoolémie . En effet , la présence d’aliments solides ralentit le déversement du contenu de l’estomac dans l’intestin avant que l’alcool ne traverse le tube digestif et atteigne le compartiment sanguin.
Il faut plus de 4 heures d’élimination pour une dose de 0,6g/l. Le taux d’alcool sanguin monte en ½ heure à jeun , en 1 heure lors d’un repas.
L’alcoolémie s’abaisse de 0,15g/l par heure en moyenne. Quatre à cinq heures sont nécessaires au minimum pour une alcoolémie de 0,6g/l avant de revenir à la normale; soit avec 2 à 3 verres de vin.
Cependant il faut tenir compte de certains facteurs comme la taille , le sexe, le poids ainsi que de certaines personnes qui manquent de l’enzyme appelée acétaldéhyde déshydrogénation; car tout cela modifie les chiffres de l’accoutumance à l’alcool , les capacités de transformation du foie ou la consommation de médicaments .

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